>>> La contrainte de la distance sociale entre les personnes existe aussi pour la prise de vues. Ce n'est pas que de la cuisine de photographe : se tenir à distance, c'est considérer les personnes photographiées dans leur contexte. Je ne prends pas mon temps, je suis tributaire de ces. éclairs de sociabilité, il fait faire vite, tant pis pour les voitures garées qui ne bougent plus, c'est comment ça, un bout d'aile ou de pare-chocs dans l'image, je ne me contorsionne pas pour esquiver, je prends note. Je ne "zoome" jamais, j'utilise une focale fixe, donc forcement, cela donne une part belle au paysage et maintient, je trouve aussi une distance respectueuse.


>>> Il y a parfois quelques avancées du pas de porte à la rue. Un tendance s'amorce timidement mais surement pour investir les "communs", toujours avec de la distance.


>>> quelques fois je fais des incursions rue des Charmes, c'est l'aventure, en musique.


>>> Je remonte.


>>> Je redescends.


>>> Je remonte.


>>> Parfois je n'ai pas envie de bouger, parfois on est découragé, mais nos voisins Annie et Paul ont toujours la gnaque avec leurs pancartes : "On applaudit nos soignants mais pas le gouvernement " - "Défendons l'hôpital public, la santé n'a pas de prix".


>>> Je retourne rue des Charmes, je fais une incursion à Jean Moulin.


>>> A 20 heures, c'est aussi l'heure à laquelle quelques livreurs dossard Uber, Deliveroo ou Just Eat descendent comme des flèches à toute allure, esclaves modernes d'un soudaine envie de pizza, tacos, thaï ou burger. A part ça les rosiers fleurissent c'est magnifique, le temps passe, le nombre de morts explosent dans les Ehpad, on attend le plateau de l'épidemie.


>>> Après des jours et des jours de beau temps, de lumière parfois aveuglante, il s'est mis à pleuvoir. Les urbains étaient tristes pour la plupart, les agriculteurs qui eux ne connaissent pas le confinement dans leurs tracteurs et dans les champs plutôt rassurés; et les enfants ravis de voir la pluie ou de sauter dans les flaques.