Mais la vocation ne naît pas de ces héros bondissants. Le vrai choc arrive avec Shenmue, le jeu narratif de Yū Suzuki. « C’est ce titre qui m’a fait comprendre la puissance du jeu vidéo, se souvient‑elle. Tout à coup, je voyais un médium capable de transmettre des idées fortes, des émotions très marquées, comme une série ou un roman. Là, je me suis dit : que ce soit dans le jeu vidéo ou ailleurs, moi aussi, je veux travailler dans ce domaine des œuvres narratives. »
Sur le papier, tout semble en place. Dans la réalité, les stages et les postes se dérobent. « Quand j’envoyais mon CV et mon portfolio, ma candidature plaisait. Mais dès qu’on me voyait, tout s’arrêtait, dit‑elle simplement. J’ai compris qu’il y avait un problème vis‑à‑vis de moi : une femme noire, ingénieure du son, ce n’était pas le profil attendu. »